Le voyage ne laissait en tout cas guère de temps pour se plonger dans la lecture. Le programme des dix participants allemands et des dix participants brésiliens était dense. Pendant dix jours, ils ont parcouru plusieurs étapes entre Cologne et Berlin. Au programme : des visites auprès d’organisations agricoles et d’entreprises, d’instituts de recherche, d’acteurs politiques et de la coopération internationale, ainsi qu’un séjour de plusieurs jours sur les exploitations de leurs homologues allemands.
L’échange a été initié dans le cadre de l’Initiative germano-brésilienne pour la coopération dans l’agribusiness et l’innovation du Comité Amérique latine de l’économie allemande (LADW), avec Bayer comme sponsor principal. L’AHA a assuré l’organisation et l’accompagnement de l’échange et animé plusieurs ateliers de réflexion collective. Car, au-delà des nombreuses visites et activités, il ne s’agissait pas seulement d’accumuler un maximum d’impressions, mais aussi de prendre le temps de les analyser ensemble et d’apprendre les uns des autres.
« L’essentiel est invisible pour les yeux »
Certes, nous avons probablement tous déjà entendu plus d’une fois cette célèbre citation de Saint-Exupéry. Elle a néanmoins été proposée au groupe lors de l’atelier d’ouverture, accompagnée d’une question : qu’est-ce qui constitue réellement « l’essentiel » d’un tel échange ? Ce qui était visible, dans un premier temps, c’était surtout un programme dense de visites, d’ateliers et d’un séjour sur une exploitation partenaire. Mais ce qui s’inscrit moins facilement dans un programme était au moins aussi important : les conversations dans le bus ou autour d’un dîner, les discussions entre participants, les nouveaux contacts et la possibilité de regarder sa propre réalité à travers les yeux de l’autre. Et c’est justement là où les perspectives étaient au départ les plus éloignées que l’échange est devenu particulièrement intéressant.